Communiqué n°3 - vendredi 11/6/99 - 12h00

Deuxième séance d'essais - jeudi 10 juin 1999 - 19h00 / 24h00

Séance de travail ... pimentée !

Conséquence directe d'un temps plus clément, la température qui règne sur le circuit du Mans lorsque sonne I'heure de la seconde séance d'essais officielle est plus élevée que celle de la veille. Si cette météo est idéale dans l'optique des quatre heures de travail programmées par la majorité des concurrents (roulage avec les pleins et les pneus de course, mise au point des ultimes réglage de suspensions ou de répartition du freinage, choix des rapports de boîte, vérification des éclairages, etc...  ), elles sont par contre peu propices à la recherche de la performance pure.
De plus, il est clair que les temps réalisés la veille par les Toyota GT One de Brundle et Boutsen seront difficiles à battre. Vont tout de même tenter l'aventure : Bernd Schneider (n°6) pour le compte de Mercedes et J.J.Lehto au volant de la BMW V12 LMR n°17, lorsque la fraîcheur permettra de passer les pneus de qualification dans les meilleures conditions, c'est à dire en toute fin de première session. L'allemand vient à peine de s'octroyer la 3ème place (3'31"551) aux dépens de la Panoz n°12 que le finlandais réalise 3'31"209 s'installant définitivement à la première place des non-Toyota !.

Si de nombreuses excursions "hors piste" émaillent les deux sessions, c'est lors de la première que se produisent deux incidents sérieux. Dès 19 heures 25, très grosse "chaleur" pour Mark Weber lorsque la Mercedes N°4, déventée au moment de doubler une voiture plus lente, perd tout appui à plus de 290 km/h, entre Mulsanne et Indianapolis. Echappant au contrôle de l'australien, la Mercedes effectue un looping complet et termine sa course folle sur le toit. Le pilote a beaucoup de chance en se tirant de l'aventure sans autre séquelle qu'une belle (?) frayeur!.
Peu après 20 heures, Philippe Gache part en tête-à-queue au Tertre Rouge et heurte par l'arrière le mur de pneu, à peu près au même endroit que la Nissan de van de Púle mercredi soir. La Riley & Scott est sérieusement touchée et il faudra rapatrier d'Avignon un moteur neuf pour permettre à la n°31 d'être au départ demain après-midi.

Toyota : Les trois voitures tournent par petites séquences, histoire de vérifier si tout va bien en configuration "course". Car il n'est plus du tout question de chasser la pôle, dans la mesure ou elle paraît définitivement acquise. De fait, à minuit, personne n'aura délogé les GT One n°1 et n°2 d'une première ligne entièrement rouge et blanche. Première victoire certes purement médiatique mais significative dans la lutte de prestige engagée par les six grands constructeurs directement impliqués en LMP1.
"Nous sommes totalement prêts pour la course et n'avons plus qu'à effectuer quelques tours lorsque la nuit sera complètement tombée, pour régler les phares", déclare un Thierry Boutsen dont la décontraction reflète bien l'état d'esprit de l'équipe japonaise.

BMW : Les V12 LMR confirment leurs bonnes dispositions et J.J.Lehto installe la voiture N°17 en 3ème position quelques instants après que Schneider ait conquis cette place. Un résultat d'autant plus apprécié par les responsables de la marque que l'autre voiture, la N°15 de Winkelhock-Martini-Dalmas, s'est octroyée la 6ème place sans paraître puiser outre mesure dans son potentiel.

Mercedes : rudes instants pour les flèches d'argent !. Si les n°4 et n°6 avaient manifestement pour mission de rouler en vue de la course, la n°5 et son pilote de pointe Bernd Schneider étaient envoyés à la recherche d'un chrono susceptible de positionner la voiture au meilleur rang possible. On sait que, à peine installé 3ème, Schneider était battu par Lehto et Mercedes n'insistait pas. D'autant que la CLR n°4, alors conduite par l'australien Weber, avait connu un sort qui mettait en péril sa participation à la course. On affirmait bientôt, au sein de l'état-major de la firme à l'étoile, que la machine serait réparée à temps pour prendre le départ, sans avoir rien perdue de ses qualités. Ce que confirmait l'un des équipiers de Weber, Jean-Marc Gounon: "Les techniciens n'auront aucun problème pour reconstruire (ndlr: reconstruire ou réparer ? ) la voiture et pour qu'elle marche aussi bien qu'avant". Dont acte.

Panoz : Ni la n°11, ni la n°12 n'ont effectuées plus de deux ou trois tours, en proie à des difficultés de fixation lors de l'installation des moteurs, puis affectées par des problèmes de transmission. Du coup, Brabham a perdu sa 3ème place sur la grille. Avec ses équipiers Bernard et Leitzinger, il se contentera de la 5ème position : elle ferait le bonheur de bien des concurrents.

Audi : Si la GTP n°10 de Weaver-Wallace-McCarthy s'est montré plutôt rapide en fin de séance, ce sont encore les deux spiders R8R n°7 (Alboreto-Capello-Aïello) et n°8 (Pirro-Biela-Theys) qui se sont mis en évidence en améliorant sensiblement les chronos de la veille 3'34"891 pour "Albo", 3'35"371 pour son compatriote Pirro, c'est sans doute un peu juste pour suivre le train des Toyota et des Mercedes en début de course mais suffisant pour qu'un spécialiste de la stratégie à long terme comme Reinhold Júst ait une belle carte à jouer, si la fiabilité est au rendez-vous.
 

Les Autres LMP 1

Statu quo chez Nissan, où l'on se contente du 12ème temps. Chez Courage les petits ennuis constants en début de séance ont perturbé le tableau de marche établi : performance chronométrique puis travail de fond, notamment sur la consommation) et chez Riley & Scott. La sortie de piste de Gache n'explique pas, seule, la performance en demie-teinte des barquettes préparées par l'avignonnais : il semble que le moteur Ford connaisse un gros problème de surchauffe, dont la cause est difficile à cerner dans la mesure où les températures relevées paraissent normales.
Ce problème affecte également l'Autoexe n°24 de Terada-Fréon-Donovan et la Lola n°27 de Saldana-Orbell­de Radiguès, qui utilisent cette mécanique. Par contre, la Lola-Judd n°25 de chez DAMS (Tinseau-Montagny­Terrien) s'est montrée aussi fringante que mercredi soir en 3'36"468, alors que chez JB-Giesse, on affichait enfin un large sourire : la Ferrari 333 SP n°29 de Policand-Baldi-Pescatori n'a cessée d'améliorer ses temps pour se qualifier à une 14ème place (3'38''468) plus conforme à la valeur intrinsèque de l'équipe.
 

GTS - GT

Chrysler : cette fois, les Viper GTS-R n'ont fait aucun cadeau aux Porsche en catégorie LM-GTS. Elles sont regroupées aux cinq premières places, emmenées par les voitures officielles du team ORECA, Beretta­Wendlinger-Dupuy précédant toujours Archer-Bell-Duez qui ont campés sur les positions acquises la veille. Par contre, la Viper n°55 du Belmondo Racing, aux mains de Clérico, est venue dissocier la belle ordonnance établie mercredi par l'équipe d'Hugues de Chaunac, en prenant la 3ème place. Petite revanche sur la mésaventure survenue lors des préqualifications, que Clérico et Paul Belmondo savouraient sans triomphalisme mais sans fausse modestie non plus !.

Porsche : "Le but de cette soirée était de passer au mieux notre train de pneus de qualification et d'être la première 911 GT2 derrière les inaccessibles Viper. Mission remplie, mais qu'espérer de mieux, sinon jouer la carte de la fiabilité ?". Goueslard et ses équipiers Chéreau et Yver avaient en effet la satisfaction de précéder Jarier-Bourdais-de Thoisy, une sortie de route empêchant la 911 GT2 du Rook Racing (Hurtgen-Arhle-Vosse) de se mêler au débat.
En LM-GT, statu quo : Alzen-Huisman-Riccitelli sont devant Müller-Wollek-Maylander, alors que les deux 993 RSR n°83 et n°84 demeurent au delà du temps limite de qualification, celle de Perrier-Ricci-Nourry étant finalement admise au départ.