Roland Garros 2000


M. HINGIS/M. PIERCE 4/6 7/5 2/6

Q. Martina, dites-moi, comment vous sentez-vous maintenant ?
R. Ce n'est pas une question facile en ce moment. Comment je me sens ? Un petit peu déçue, peut-être, mais Mary a très bien joué. Elle méritait de gagner aujourd'hui. Elle a fait des points tout à fait exceptionnels. Je me suis beaucoup battue. Au second set, j'ai pu gagner. Mais je crois que, au troisième set, elle m'a vraiment débordée.

Q. Vous semblez vous être beaucoup battue. L'atmosphère et le public vous ont-ils gênée un peu ?
R. Pas du tout. Je savais à quoi m'attendre. J'avais regardé les autres matches, Safin contre Pioline ou Mary contre Monica et je savais à quoi m'attendre. Je savais bien que le public ne serait pas pour moi. Je dirai qu'elle a extrêmement bien joué, dès le début. Les conditions étaient difficiles mais elle a géré les choses mieux que moi. C'était un très grand match.

Q. Vous étiez un peu nerveuse ?
R. On est toujours nerveuse. Je l'étais dans le premier set. Elle a fait des doubles fautes, mais, oui... Je savais qu'il n'y avait pas grand chose à faire, mais elle a cessé de manquer les balles et elle a vraiment très très bien joué. Elle a mieux joué que moi aujourd'hui.

Q. Martina, vous nous dites que vous étiez fatiguée, avez-vous eu des crampes ? Votre condition physique n'était pas assez bonne ?
R. Quand on joue pendant deux heures et que l'on doit courir d'un coin du court à l'autre, on est fatigué. Nous étions toutes les deux très fatiguées quand nous sommes arrivées au troisième set. Elle a commencé à faire des étirements avant moi. De toute façon, c'était trop tard pour moi, même quand elle était fatiguée, je ne pouvais plus remonter. Même si j'avais pu servir, c'était trop tard. J'avais trop de retard sur elle. C'était trop difficile de remonter. J'ai eu la chance de remonter sur cette balle de match. Mais c'était trop contre une telle joueuse, comme Mary a joué aujourd'hui.

Q. Pensez-vous qu'elle a joué son meilleur tennis ? En général, vous gagnez plutôt contre elle. Vous souvenez-vous de l'avoir vu aussi bien jouer ?
R. Il y a eu Indian Wells, la demi-finale, où elle a bien joué dès le début. Mais c'était sur une surface dure où l'on peut jouer plus vite, où l'on peut pousser d'avantage. Pendant tout le tournoi, il m'a été difficile de remonter. Mes slices aujourd'hui ne marchaient pas comme je voulais. C'était très difficile. Elle a très bien servi. Elle était très concentrée. Mais il est vrai qu'il y a longtemps que je ne l'avais pas vu jouer comme cela contre moi. Sur une surface dure, les choses sont différentes. Elle a plus de temps sur terre battue.

Q. Lorsque vous avez touché votre jambe en fin de match, vous aviez mal ?
R. Non, j'essayais simplement de détendre un peu ma cuisse. A ce moment-là, j'avais un peu peur parce que je savais que, si je poussais trop, je pouvais avoir une crampe. J'avais l'impression que je commençais à avoir des tensions dans les cuisses et qu'une crampe pouvait se déclencher. A ce moment-là, cela n'avait plus d'importance. J'étais menée 5/0 et je n'ai pas d'excuses.

Q. Martina, avant le match, vous êtes-vous dit que, par le passé, elle était devenue nerveuse sur des points importants et que vous pouviez l'exploiter ?
R. Aujourd'hui, cela a été la même chose. Simplement, elle a mieux joué. Je ne pouvais pas faire grand-chose aujourd'hui. Tout ce que je pouvais faire, c'était attendre qu'elle fasse l'erreur et commencer à jouer. J'ai essayé de changer mon jeu un peu après que j'ai été menée.

Q. Est-ce que vous saviez des choses à propos d'elle ?
R. Quelles choses ?

Q. Le fait que, parfois, elle devenait nerveuse sur des points importants ?
R. Oui, mais en 1994, en juniors, elle m'a battue aussi. Je me souviens avoir joué sur le court n° 3, en finale, avoir joué contre quelqu'un et m'être dit qu'il me restait encore six ans pour en arriver là.

Q. Martina, est-ce qu'une balle coupée peut être une arme contre Mary ? C'était votre arme avant le début du jeu ?
R. Non, j'ai essayé de faire ce que je pouvais simplement. Une balle coupée, ce n'est pas grand-chose.

Q. Martina, est-ce que vous avez appris quelque chose au cours de cette quinzaine ?
R. Je dirai que, de façon générale, j'ai beaucoup appris au cours de ce tournoi sur la façon dont je devrais jouer, la façon dont j'aurais dû jouer pendant le tournoi. Je ne joue pas beaucoup sur terre battue de façon générale. Je me rends compte trop tard de ce qu'il aurait fallu faire. L'an prochain, j'espère que, dès le début, j'arriverai à jouer comme il faut sur terre battue. J'espère faire mieux à mon prochain tournoi sur une surface dure. J'ai très bien joué cette saison. Nous allons voir ce qui va se passer sur herbe.

Q. (Inaudible)
R. Je voudrais essayer de jouer comme Mary. Il faut que j'aie un jeu plus diversifié. Quand j'ai mes chances, il faut que je les exploite, que je fasse ce que fait Monica, par exemple. Il faut que je travaille sur les balles envoyées dans les coins.

Q. Vous avez eu une bataille très intéressante aujourd'hui. Conchita a gagné. Vous avez joué récemment contre elle. Que pensez-vous de l'issue de la finale ? Comment Mary s'en tirera contre Conchita ?
R. Mary a gagné plus souvent contre Conchita que l'inverse. Mais Conchita a joué avec beaucoup d'intelligence aujourd'hui. Elle s'en est bien tirée tout au long du tournoi. Je suis certaine qu'elle a beaucoup de confiance. Elle a eu un match difficile aujourd'hui. Elle sera prête pour la finale. Elle sait que c'est sa chance. Si elle veut gagner une fois ce tournoi, c'est maintenant. Elle ne veut pas perdre. C'est la seconde finale de Mary, la première finale de Conchita. Conchita donnera tout ce qu'elle a.

Q. Après deux finales ici, pensez-vous que vous finirez par avoir un complexe de ne pas gagner à Roland Garros ? Risquez-vous d'avoir ce complexe ?
R. Je l'ai déjà dit l'autre jour, je n'ai pas besoin de gagner Roland Garros pour survivre. C'est vrai que j'aurais bien aimé gagner ce tournoi, mais j'ai encore beaucoup d'années devant mois. Pierce et Martinez, l'une a 25 ans, l'autre a 28 ans. Moi, je n'ai aucune raison de me faire de souci pour l'instant. Je crois que j'ai très bien joué dans ce tournoi. J'attends avec impatience l'an prochain et j'attends également Wimbledon. J'ai joué de mon mieux. J'ai tout fait pour jouer de mon mieux. Cela n'a pas suffi mais, la prochaine fois, j'espère que cela marchera.